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Pour Macron, la jeunesse africaine, est encore trop imprégnée par des « représentations du passé »

Pour Macron, la jeunesse africaine, est encore trop imprégnée par des « représentations du passé »

Le président français Emmanuel Macron, le 28 novembre 2017, après son discours à l’université de Ouagadougou. CRÉDITS : PHILIPPE WOJAZER / REUTERS

Pour enfoncer le clou, c’est à Trace TV, média de référence de la culture afro-urbaine, que Macron accordera une interview pendant son étape au Ghana. Il se livre alors au même exercice qu’à l’université Ouaga 1, avec un jeu de questions-réponses sans filtre et déroule sa vision d’une jeunesse dont il vante «l’énergie incroyable», mais à laquelle il reproche d’être encore trop imprégnée par des «représentations du passé». Pour Olivier Laouchez, patron de Trace, Macron frappe fort en s’adressant à ce public de l’entertainment «socialement éduqué et pour qui le thème mémoriel est extrêmement important. Une occasion pour nous de contribuer à faire comprendre aux jeunes d’origine africaine que le président veut entreprendre ce nécessaire travail de pacification des mémoires pour construire l’Afrique de demain».

Au final, l’opération est un succès, mais elle impose des résultats. «Son discours nous a fait plaisir, explique Hapsatou Tamboura, étudiante à l’université de Ouagadougou. Espérons maintenant qu’il va être mis en application.» Comme les jeunes Burkinabés à qui il a dit «Vous êtes condamnés à réussir», Macron semble lui aussi condamné à réussir.

L’exercice s’annonçait encore plus difficile à Alger, où il a déjà qualifié l’occupation française de «crime contre l’humanité». Qui dit crime dit réparation. Quel type de réparation pourrait-il offrir? En 2008, le Premier ministre italien Silvio Berlusconi a mené un travail de réconciliation avec la Libye, ancienne colonie. Dans une mise en scène imposée par le «guide» libyen, il s’est vu contraint, après avoir formulé des excuses publiques, de baiser la photo du héros de la résistance Omar Al-Mokhtar. Puis Kadhafi a débarqué à Rome dans un cérémonial rappelant l’arrivée triomphante de Mussolini à Tripoli. Le traité d’amitié scellé entre les deux pays a été assorti d’un contrat de 5 milliards de dollars sur vingt-cinq ans, sous forme d’investissements en infrastructures. L’opération a été bien perçue par les Libyens ; elle a permis en outre de convaincre Kadhafi de mettre un terme au flux des migrants en Méditerranée. Un pacte entre les deux chefs d’Etat interrompu par l’intervention de l’Otan, autre erreur passée, imputée celle-ci à la France de… Nicolas Sarkozy.

 

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